Recherche

Images Aléatoires

  • Tana-Analakely-13mai-2007-003.jpg
  • Tulear-Mangrove--2005-002.jpg
  • Tana-Analakely-13mai-2007-005.jpg
  • Photo-002-1.jpg

Publicité

Vendredi 12 octobre 2007
Avant de conter ce qui est, à nos yeux et pour le moins, une aventure, je voudrais préciser certains points. Madagascar  a, une superficie de 592 000 km², (pour  les chipoteurs, je les invite à rechercher la surface précise, pour les autres ça devrait suffir :)) entre 16 et 18 millions d'habitants et en plus 1600 km du nord au sud. Donc en gros une densité 4 fois inférieure à celle de la  France.

Plusieurs ethnies malgaches , comme les Baras, intègrent depuis la nuit des temps  certaines traditions comme le vol de Zébu. Dans des temps pas si reculés que ça, la coutume voulait encore que le vol de Zébu représente un passage obligé pour les adolescents, marquant ainsi leur passage à l'age adulte. De plus, pour un homme, la richesse se calculait et se calcul encore en "Zébu".  Il ne faut pas oublier non plus que l'élevage, dans la quasi totalité de la Grande Ile , est de type "pastoral".

Les voleurs de zébu sont des "Dahalos".

La modernité aidant, les signes extérieurs de richesse de plus en plus importants, la société de consommation faisant des siennes dans les coins les plus reculés de l'Ile (et oui, le tourisme à un revers de médaille ;)),certains voleurs de Zébu et jeunes des campagnes ont décidé avec, parfois sous, pour le moins, la bienveillance des forces armées (police bien entendu comprise) de changer de cible en remplacant les Zébus par les touristes et autres opérateurs économiques.

Il est évident aussi que la superficie du pays et le sous équipement des forces loyales facilitent la vie des Dahalos, de leur complice et des receleurs, et leur permet souvent de vivre quasiment au grand jour dans une brousse presque inaccessible sans des marches de plusieurs jours.

Je voudrais aussi rassurer tout le monde, l'insécurité est très basse à Madagascar (je ferais un papier la dessus, car il ne faut pas tout monter en épingle non plus ).

Après ce préambule, j'en arrive à la mesaventure par elle même.

Cela faisait 4 ans, depuis mon arrivée, que je voulais partir bivouaquer en brousse hors de tout circuit "traine touriste". j'ai fait de la brousse mais sans y passer plusieurs jours de vacances.

Donc, lorsque ma compagne m'indique que ça maman va se rendre dans son village, je saute sur l'occasion.

... on va camper en pleine brousse une semaine. Préparatifs impécables, équipements ad hoc, 4X4 préparé, tout se passe à merveille.

On est parti, ma compagne, sa maman, 2 de ses soeurs et son petit frère, les chiens et les bagages sur le toit (juste les bagages sur le toit ;))
Ca faisait très "retour au pays" sur l'autoroute du sud au moment des grandes vacances en France.

La descente se passe super bien. Halte à Fanarantsoa (j'aime pas fianar...il fait toujours froid :()

Ilakaka, ravitaillement en essence et première tentative de chopper la piste. Et oui, parceque sur la carte pour aller à Berenty Bara et Betsileo, c'est plus court de passer par Ilakaka...seulement sur la carte.

On décide donc de descendre un peu plus bas sur la RN7 pour récupérer une piste plus fréqentable.

C'est bon on y est, sur la piste. Le soir tombe, on roule 1 heure. petit village avec un "hotel" de (brousse évidemment). Impécable, une bonne nuit de sommeil, puis au grand matin départ pour 120 km de piste. Si tout va bien à midi on est à Berenty.

Je suis aux anges, de la piste. Putain de 4X4, ça passe comme dans du beurre. Bon, la carte avec les chemins en brousse c'est pas gagné. Alors bien sur, 50 km de rallonge (avec les arrêts dans les villages où les gamins se sauvent en criant à la simple vue du Vahaza - surtout que le gamin, il les connait les histoires de vahazas voleurs d'enfants (d'ailleurs, ça aussi il faudrait faire quelque chose parce que, c'est vrai, ça existe)).

14h, arrivée au village. C'est la stupeur. Un 4x4 de Tana rutilant, une famille gasy dedans, des alikas (chiens) et un vahaza au volant. Quoiqu'il arrive, ça, ça va alimenter les discussions.

Pour la famille de ma compagne, quel honneur. C'est pour eux tout ça. Tout le village va le savoir. Les vahiny sont là pour eux.

Embrassades, larmes de joie (des années que "belle maman" n'était pas descendue au village) tout y passe.

Bon, maintenant, je voudrais bien me poser et les chiens aussi, ils en ont mares.

On sort du village et on se dirige vers la rivière que l'on a traversée à l'arrivée. On trouve un petit coin sous un Tamarinier non fady (tabou) (il n'a pas été "fanafodé" - ensorcelé). Super, une rivière de 100 m de large, 10 à 30 cm d'eau à 30 °, le "kif", c'est top.

Installation du matériel. Ah oui, parceque l'on est parti en camping, mais équipé, très bien équipé. on a même la douche solaire (en fait elle n'a presque pas servi, on avait l'eau chaude courante...dans la rivière).

on passe 4 jours fabuleux. Balades, contemplation, repas chez les habitants, et puis bien sur, et ça prend du temps, je dois assumer le rôle de singe en cage. Ah bah oui, c'est normal, tout le village vient voir le vahaza et les alikas. En plus, comme les alikas, ils ne sont pas toujours commodes, il n'y a que les initiés (les gens de la famille, mais elles sont grandes les familles à Madagascar) qui ont le droit d'approcher du campement.

Surtout les jeunes évidemment, et puis surtout 1 en particulier. Et puis, ceux qui parlent un peu le français, ils veulent fair voir à leurs copains comment ils assurent avec le vahaza.

Soirée Toka gasy (rhum artisanal)... ouahhh, ça brule...aspirine... inoubliable.

Dernière journée, demain matin on part. Tout le monde est là. Les questions pleuvent, quant est ce que l'on part vraiment ?  par où va t'on passer ?. Les jours précédents il y avait eu les questions sur mon équipement et en particulier sur le fait de mon équipement en arme à feu "pour la chasse". J'avais bien sur répondu que je ne chassais pas et que pour les dahalos, j'avais mon coupe coupe, mon couteau et mes alikas, surtout.

Aucune attention particulière de notre part. Le jour du départ est  là. levé à 6h du mat'. Il faut tout ranger et surtout charger sur le toit du 4x4, des vrais "gens du voyages".

Midi, tout est prêt. Tant mieux, je veux que l'on arrive à sakaraha avant la nuit (18h). Les adieux sont accélérés, et nous voilà partis.

Encore un moment de plaisir. Je pilote un 4x4 sur des pistes, dans un paysage féérique avec l'Isalo en arrière plan. J'adoreeeeeeeee.

17h, Sakaraha à 9 km. Dernière petite montagne, on descend sur sakaraha, piste étroite montagne à droite, ravin à gauche. Là par contre, j'ai hâte que ça se termine.

Qu'est ce qu'il se passe, je m'arrête... Misy gendarme....tsisy gendarmes, fa misy vato be, ngesa be. (il ya des gendarmes... il n'y a pas de gendarme, mais il y a des grosses pierres, énormes)

Sur cette piste étroite, à 50 m, sur un mini pont d'écoulement qui vient d'être refait par le FID, un alignement de grosses pierres. Coup de chance énorme, je me suis arrêté à 50 m et, je ne sais pas pourquoi, j'ai passé la marche arrière, un instinct, un présentiment, je n'en sais rien, mais je l'ai fait.

A 25 m devant nous sur les hauteurs, entre nous et le barrage, deux silhouettes surgissent bras en l'air, fusil à bout de bras, un homme est masqué, l'autre non.

Instinct de survie ou inconscience, je ne le saurais jamais, mais j'écrase le champignon, les sifflets retentissent, les filles dans la voiture hurlent, 3 autres silhouettes armées surgissent et se lancent à notre poursuite. Je sors la tête pour la marche arrière, je ne vois rien, les pneus du 4x4 soulèvent un poussière incroyable....les balles sifflent, je vois les impacts autour de moi pendant la marche arrière...ne pas craquer, surtout ne pas craquer, sinon c'est au minimum l'accident et la chute dans le ravin... oui mais ils se rapprochent.. ils coupent le virages, ils ont tout prévu...on est foutu.

Tant pis, je le tente ce putain de demi-tour. je lache tout, le volant braqué à fond, et j'écrase le frein. Le 4x4 se met en travers. Bordel...il y a le talus devant moi, derrière c'est le vide, 20, 30 m, je n'en sais rien, mais c'est haut, ça je le sais. Oui, mais ils sont à moins de 10 m. Heureusement les armes, n'étaient pas des Kalachs, c'était de l'artisanal à 1 coup. Ils ont laché leur armes à feu mais ils foncent sur nous avec les coupes coupes et des pierres.

2 solutions, s'arréter, tenter de faire sortir les chiens, prendre le coupe coupe et se battre. Euuuuhhh, c pas gagné, c'est le moins que l'on puisse dire.

Deuxième solution, je rebraque tout, j'accélère à mort, et ça passe ou ça casse. Je choisi cette solution.

Je ne suis pas en 4 roues motrices, qu'est ce qu'il va se passer ?... Les roues avant prennent appuis sur le monticule, le 4x4 se met tout debout, je ne vois plus que le ciel. Ca retombe, ça a tourné, je suis resté sur la piste. Ils sont là, tout prêt. J'accélère à mort, je patine. les pierres giclent (j'espère qu'ils en ont pris plein la gueule).

...suite au prochain épisode...





 
Par Yama - Publié dans : Madagascar
Voir les 1 commentaires - Recommander - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil

Commentaires

J'attends la suite de sakaraha... On ressent l'angoisse, on entend les hurlements des passagères... le moteur rugir, les bandits approcher, on se sent balloter par la pirouette du 4.4... et on finit par rigoler en imaginant les types mitraillés par la caillasse " en prendre plein la gueule". Ah, très drôle, la scène!...
Commentaire n°1 posté par Charly le 15/12/2007 à 17h03

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Catégories

Recommander

Archives

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus